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اثيوبيا في طريق بناء الدولة العصرية

 

ETHIOPIE-POLITIQUE-RÉTROSPECTIVE 2012 (PRÉVU)

Ethiopie: 2012, l’année test pour le pouvoir en place

 

-(Par Mohamed NASSIRI)-.

Addis-Abeba, 28 déc 2012 (MAP)- La brusque disparition du Premier ministre, Meles Zenawi, a constitué sans contexte l’événement le plus important ayant marqué l’année 2012 en Ethiopie, de par la grande incertitude qui a plané sur le pays, épargné jusque-là par les grands soubresauts et qui aurait pu basculer dans la spirale de l’anarchie et du chaos si ce n’était la maturité des Ethiopiens et le sens de pondération qui leur ont permis de réussir la transition politique en douceur et bien négocier ce virage.

Il s’agit d’un fait majeur qui a marqué le cours des événements durant cette année en Ethiopie. Depuis la chute du régime dictatorial de Mengistu Hailé Mariam en 1991, c’est la première fois que le pouvoir en place affronte un véritable test suite à la perte de l’un de ses principaux piliers et d’une figure de proue de la scène politique du pays.

Pour restituer chronologiquement les faits, l’Ethiopie a perdu cette année en l’espace d’une semaine deux poids lourds du paysage politique et religieux, en l’occurrence le Pape Abuna Paulos et l’ex Premier ministre. Le décès de Zenawi a été annoncé officiellement, le 20 août, et celui du Pape cinq jours seulement auparavant.

Conscients de l’enjeu et de la gravité de la situation, les protagonistes politiques ont fait taire leurs divergences et placé l’intérêt du pays au-dessus de toute autre considération. Cette démarche a renforcé les rangs de la classe politique devenue plus soudée et plus disposée à poursuivre la réalisation des projets du Plan de croissance et de transformation (GTP), une stratégie ambitieuse lancée en 2010 du vivant de Zenawi.

Toutes ces péripéties ont été gérées avec habileté par la classe politique, qui a été inspirée dans ses choix, qualifiés de réfléchis et judicieux, ce qui a permis d’opérer le changement dans la continuité au service du développement et de la stabilité du pays.

Le décès de Zenawi à l’âge de 57 ans a suscité de vives inquiétudes auprès de nombre de dirigeants de la région, en proie à des menaces multiples telles le terrorisme, la famine, l’instabilité nourrie par des groupes rebelles et les déficiences en matière de gouvernance.

Les grandes puissances redoutaient aussi le syndrome du chaos qui pourrait naitre d’un vide politique ou de la lutte pour le pouvoir, ce qui aurait pu plonger le pays dans une situation de doute voire même de guerre civile comme c’était le cas en Somalie, pays voisin.

Le choix des Ethiopiens pour la paix et l’unité a démenti les scénarii les plus pessimistes qui planaient à l’époque et dissipé les inquiétudes qui hantaient les esprits. Ni l’ambition, aussi légitime soit-elle, des uns et des autres d’accéder au pouvoir, ni le conflit des générations, ni le caractère multiethnique de ce vaste pays comptant 85 millions d’âmes, n’ont pu dévier les Habecha du chemin qu’ils avaient choisi pour aller de l’avant.

Sur ce point, les diplomates en place sont catégoriques. En faisant preuve de bon sens et de circonspection, les Abyssiniens ont relevé le challenge et maintenu le cap vers l’avenir, plutôt que de se confiner dans le repli ethniciste ou religieux et de cultiver la méfiance à l’égard de leurs concitoyens, au risque de provoquer des clivages et des fractures irrémédiables dont on mesure bien les effets désastreux dans des pays du voisinage.

Dans leurs analyses, les observateurs mettent en avant la stabilité politique et les performances économiques réalisées par l’Ethiopie, en dépit des griefs émanant de l’opposition que les nouvelles autorités cherchent pourtant à apaiser en promettant de redresser les torts et en choisissant la voie du dialogue avec les différents partenaires.

La nomination d’un nouveau Premier ministre en la personne de Hailemariam Desalegn, a été plutôt accueillie avec satisfaction par la communauté internationale. Ce pays fédéral, inséré dans une zone fortement agitée, assure un rôle clé pour la sécurité régionale.

Nul observateur ne conteste que la stabilité de toute la Corne de l’Afrique est tributaire de la situation en Ethiopie qui, de par sa position stratégique, est fortement sollicitée dans les efforts de lutte contre le terrorisme.

En passant avec succès le test de la transition politique, l’Ethiopie a clarifié le jeu et renforcé le club restreint des Etats africains à tradition constitutionnelle où la démocratie se profile comme un choix irréversible, un exercice évolutif et un processus qui se fortifie de jour en jour pour le bien-être et la prospérité des peuples. MN—BI. JB

 

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