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8 مارس …حرب لأجل الحرية واعلان استقلالية المرأة


KAHINA

 

 

 

 

La journée de la femme a été créée le 08 mars 1910 à Copenhague, par une confédération internationale de femmes socialistes. Leur combat : de meilleures conditions de travail et l’accès au droit de vote. Officialisée par les Nations Unies en 1977, cette journée est aujourd’hui célébrée dans le monde entier

Les Etats du Maghreb la célèbrent également, alors même que, quotidiennement, les femmes y subissent les affres de la dictature patriarcale au nom de lois coraniques des plus avilissantes…

Première révolte féminine contre la colonisation musulmane

Au VIIe siècle, La Kahena, de son prénom, Dihya, « la belle », en amazigh, fille de Matya, chef d’une tribu berbère juive, organise les premiers combats contre l’invasion des armées musulmanes en Afrique.

Population agricole ou pastorale, le peuple berbère est composé de nombreuses peuplades et tribus, dont certaines sont juives depuis l’arrivée au Maghreb des Juifs de Syrie, comme certaines en Ifrikia, au Maghreb-el-Acsa ainsi que la tribu dont est issue Dihya, située dans l’Auras, Djeraoua.

Fille unique du roi de Tabet, Dihya est dotée de pouvoirs surnaturels, elle prédit l’avenir et guérit les malades, ce qui lui vaudra le nom de la Kahena, la prophétesse.

Elue démocratiquement par les tribus nomades, elle devient leur reine, leur chef guerrier, et excelle en tant que chef politique. En effet, intelligente, sage, et généreuse, elle gouverne la Berbérie, laquelle, d’après l’historien arabe Ibn Kaldoun, s’étend de Gabes à Tanger avec l’approbation de tous les peuples qui la composent.

Cependant, à partir du VII e siècle, les Arabes musulmans envahissent l’Ifrikia, convertissent à la pointe de l’épée les populations locales à la parole du Prophète et détruisent sur leur passage Carthage. Reste un dernier bastion et de taille, celui de la Kahena.

La Kahena ne veut pas renier sa foi, sa culture ni ses croyances.

Elle veut être et rester une femme libre, libre de ses choix et de sa vie.

La première bataille livrée contre les berbères est celle de Nini, dirigé par Hassan Ibn Nu’man. La Kahena organise les armées, élabore les plans d’attaque et prend la tête du commandement de ses troupes, montée sur un cheval. Le combat est acharné et les musulmans sont mis en déroute.

Nombreux sont les captifs mais Dihya, refusant de faire des prisonniers les relâche tous, sauf un, Khaled, avec lequel elle vivra une grande passion.

Au bout de trois à cinq ans de résistance, Hassan reçoit d’importants renforts et finit par vaincre et tuer au combat la Kahena.

L’Afrique du nord, devient alors, dans sa grande majorité, musulmane

La Kahena est, à l’instar de ses ancêtres, Deborah et Judith, la figure emblématique de ces femmes, dirigeantes politiques et fameuses guerrières qui ont traversé les époques, se rebellant contre un pouvoir despotique voulant les assujettir.

Comme elles, La Kahena représente cette femme insoumise, éprise de liberté, celle qui ne recule devant rien pour défendre son peuple, sa terre, et ses convictions. Gisèle Halimi dira en parlant de la Kahena : « elle fait partie de celles qui nous ont montré des siècles à l’avance, le chemin de l’émancipation, de la lucidité, et de la responsabilité »

Une des dernières révoltes féminines contre l’idéologie musulmane

Nous sommes en 1994, Katia Bengana vit à Meftah, petite ville d’Algérie appelée, Rivet (ou Charrier) à l’époque de la colonisation française et située à 26 km de la ville d’Alger et à une quarantaine de kilomètres de la ville de Blida

Katia, brillante lycéenne de 17 ans, refuse de se soumettre à l’Islam et de porter le voile. Elle reçoit fréquemment des menaces de mort, mais décide volontairement de défier le pouvoir religieux, clamant haut et fort les valeurs laïques qui l’animent.

L’Algérie est à feu et à sang depuis deux ans, dévastée par une guerre civile. Le pouvoir en place agonise.

En effet, suite aux élections de 1992, où le parti du Front Islamique du Salut (FIS) remporte le premier tour des élections législatives, le gouvernement en place annule le résultat, suivi par un coup d’État de l’armée qui empêche la tenue d’un second tour

La suspension du Parlement, de la Constitution et la dissolution du FIS entraînent les représailles des islamistes. Le Groupe Islamique Armé (GIA) se lance alors dans la lutte armée… Ses activités se caractérisent par des attentats dont, notamment, l’assassinat du Président Mohamed Boudiaf en juin 1992 et par des actes d’une redoutable atrocité pour imposer un Etat islamiste en Algérie

Les victimes de ce carnage islamiste sont en grande majorité les femmes. Des milliers d’entre elles sont violées, assassinées, kidnappées, d’autres réduites à l’état d’esclaves

Le GIA leur impose le port du voile en les menaçant de les exécuter si elles n’obéissent pas

Le 28 février 1994, résistante, déterminée, Katia se rend à l’école la tête nue. Sur le chemin de son lycée, des intégristes religieux l’interpellent

Elle veut être et rester une femme libre, libre de ses choix et de sa vie.

Fière, la tête haute, elle continue son chemin sans les regarder, elle ne se retourne pas et se fait assassiner

Son père a écrit, le 28 février 2010, une lettre intitulée : « J’accuse » dont voici un extrait : « J’accuse tous ceux qui instrumentalisent la religion pour se maintenir au pouvoir en sacrifiant des civils et autres. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour y accéder en assassinant des innocents. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour nous détourner de nos racines, de nos coutumes et de notre langue historique et ancestrale… »

Aujourd’hui encore, dans les pays gouvernés par l’Islam, sa loi ; la charia, des femmes payent de leur vie ce combat pour la liberté. La journée de la femme fêtée le 8 mars de chaque année, doit devenir une lutte quotidienne et incessante de toutes les femmes, de tous les hommes, de tous les peuples épris de liberté et de fraternité pour les libérer de leur joug, de leurs tortionnaires et les rétablir dans leur droit d’être humain

 

 

 

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